FORÊT, LANDES, ZONES HUMIDES

 

La forêt de Navarrenx, couvre 30% de la superficie de la commune, qu'en connaissez-vous ?

 


A gauche une parcelle plantée de chêne américain, à droite un îlot de vieux bois.

Contrairement à la moyenne française, la forêt communale de Navarrenx, à cheval sur trois bassins versants[1], représente environ 80% de la surface boisée de la commune

Elle offre une grande variété de peuplements, composés d’essences autochtones (chêne pédonculé essentiellement avec une faible proportion du chêne sessile, châtaigner) et d’essences introduites – premières plantations en 1925 – (chêne rouge d’Amérique, tulipier de Virginie, pin Laricio de Corse, pin Weymouth, thuya géant et douglas).

Fruit d’un long façonnage par l'homme, elle reflète les différents usages par l’homme et ses nombreuses interventions. Les premiers textes trouvés en 1341 indiquent le droit aux habitants de coupes de fougères, coupes de bois, pacage et gîte !

 Actuellement c’est une forêt de production gérée par l'Office National des Forêts[2].dont la vente de bois- bois d’œuvre ou affouage- produit des recettes pour la collectivité.

Consultez le plan d'aménagement forestier

 

[1] Bassin versant du Larroder, du Saleys et du Lucq

[2] Le premier document d’aménagement de cette forêt remonte en 1773. Ce bois fut soumis au Régime Forestier par arrêté préfectoral du 7 septembre 1821, pour une contenance de 203 hectares. Peu ou pas productives en bois, certaines parcelles forestières ont été vouées à la culture, ramenant ainsi la surface boisée à 177 hectares. Le plan d'aménagement en cours couvre la période 2019-2038

Elle abrite également, des landes sèches et humides, milieux de transition dans la succession écologique entre une pelouse/prairie (stade 1) et une forêt (stade 4).

Les landes ont joué un rôle crucial dans l’économie des fermes. La « paillette » (désignant la molinie) et la « thuie » (désignant les bruyères et ajoncs) étaient fauchées à l’automne afin de constituer la litière pour le bétail en hiver, cette pratique était qualifiée de « soutrage ». Avec l’abandon de cette pratique considérée comme non rentable après les années 1960, les landes sont alors converties en plantation ou en culture.

 

La connectivité entre les différentes étendues de landes se dégrade, pour aboutir en 2019 à un état très éclaté, la plupart des landes restantes étant de petite taille et en situation isolée. Et pourtant ces milieux jouent un rôle important dans le maintien de la biodiversité et la préservation de la qualité de l’eau.

Ces milieux sont exposés à de nombreux risques, le principal étant lié à la colonisation par le chêne rouge et le tulipier, espèces introduites par les programmes de plantation. Pour les zones humides plus particulièrement, un autre risque est celui du recouvrement par des sédiments provenant de l’érosion naturelle mais aussi et surtout des pistes du circuit de motocross.


Les landes sèches, vue générale du site de Peyrautucq

Ces landes font l'objet depuis de nombreuses années d'un suivi de la part des cellules Landes pelouses sèches et zones humides di Conservatoire des Espaces Naturels de Nouvelle Aquitaine. Divers travaux d'entretien et de restauration y sont conduits pour préserver leur fonctionnalité écologique.

 


L'Arroder, élargissement et creusement au niveau du rejet des drains (en haut à droite)

Des drains posés dans le cadre des plantations de chêne américain ont causé au fil des ans une incision et un élargissement du cours d'eau "l'Arroder", avec une érosion régressive qui en 2024 atteint l'exutoire aval de la zone humide.

A partir de 2025, des solutions sont recherchées pour rehausser le fond du cours d’eau et ralentir la vitesse des écoulements sur la portion la plus impactée par l’incision du lit.

Ainsi une série de « barrages » inspirés de ceux formés par les castors (Beavers Dams Analogues) vont être réalisés à l'automne et suivis tous les ans pour une mise en place progressive vers l'aval.

Cette action permettrait de rehausser le niveau de la nappe au niveau de la lande humide et de réduire l’effet drainant du ruisseau sur la zone humide (notamment en période estivale)

 

 

Espèce largement utilisée dans les jardins pour constituer des haies persistantes, le laurier-palme est aujourd'hui considéré comme une plante invasive dans de nombreux massifs forestiers. Les dépôts sauvages de déchets verts et la dispersion des graines par les oiseaux, lui permettent de coloniser rapidement les sous-bois où il forme des peuplements très denses. En privant le sol de lumière et en concurrençant les essences locales, il freine la régénération naturelle de la forêt et appauvrit progressivement la biodiversité.

Mise en garde par l’ONF, l’équipe communale a souhaité conduire un chantier expérimental d'arrachage en traction animale de laurier-palme.

Cette partie a été confiée à Quentin Barrière, installé comme prestataire de services en traction animale depuis 2020. Pour répondre à la demande, des recherches ont préalablement été faites pour concevoir un outil d'arrachage inspiré de l'arracheur-escargot inventé par Pierre Galet, outil permettant de démultiplier l'effort exercé par le cheval tout en assurant l'extraction complète du système racinaire.

 

L'objectif de cette animation était double : démontrer l'intérêt du cheval pour les travaux de restauration écologique en forêt et tester l'efficacité de cet outil sur des lauriers-palmes de différentes tailles. Les résultats obtenus lors de cette expérimentation se sont révélés particulièrement concluants. Les essais réalisés sans l'outil ont montré que les arbustes cassaient fréquemment au niveau du tronc ou des racines superficielles, laissant une partie importante du système racinaire en place et favorisant ainsi la repousse. Grâce à la combinaison du cheval et de l’outil arracheur les plants ont pu être extraits avec leurs racines, garantissant une intervention plus efficace et plus durable.